Rennes Egypto

La stèle Poétique de Thoutmosis III

samedi 1er janvier 2011 par Henri Doranlo

La stèle Poétique CGC Caire 34010 (Urk IV, 611-619). Etude grammaticale et stylistique complète.

La stèle Poétique de Thoutmosis III

Séthy 1er, Ramsès II, Ramsès III ont repris sur les murs des temples l’inspiration poétique de Thoutmosis III qui fit preuve d’originalité en confiant à un scribe « typographe » le soin de « justifier » un texte composé en distiques ennéamétriques (voir le pdf 4). Sur les 25 lignes du texte principal, la composition mobilise le regard sur ces 10 lignes prosodiques.

La stèle en granit gris (1,70 m de haut) a été découverte à Karnak par Mariette (1864), entre le VIe pylône et le sanctuaire de la barque, érigée en son temps sur le parcours du pharaon officiant. Le monument a subi l’intolérance amarnienne. Il a été entièrement refait jusqu’au cintre sur un martelage complet. On a plané à nouveau cette partie de la pierre pour niveler le martelage mais sans repolir. Tout le registre est par suite plus creux que le reste de la stèle (P. Lacau, Stèles du Nouvel Empire, Catalogue général des antiquités égyptiennes du Musée du Caire, IFAO, Le Caire, 1909, 18). La stèle a par ailleurs été brisée mais le texte principal a relativement peu souffert.

La composition poétique a fait passer au second plan l’organisation magique de l’ensemble de la stèle (voir le pdf 3). Le discours d’Amon-Rê, unique locuteur, développe une thématique merveilleuse (bjAy.t) pour faire du roi un surhomme, armé pour détruire toutes les puissances hostiles jusqu’aux confins du monde. Le parallèle avec les formules conjuratoires des Textes des Pyramides est tentant. Au sein des formules « cosmographiques », un certain nombre de phrases-clés permettent de dessiner une véritable cartographie de l’au-delà concrétisée par la structure architecturale du caveau (B. Mathieu, Les formules conjuratoires dans les pyramides à textes : quelques réflexions, 196, in La magie en Egypte, Colloque du Musée du Louvre, Paris, 2002).

Rapportées de l’au-delà à l’ici-bas, ces formules ont pour effet de soumettre les peuples de la terre, nominativement piétinés, poncif des Neuf Arcs sous les sandales du roi. Ce pouvoir divin dont Thoutmosis III est doté résulte, au terme du discours, d’un acte de reconnaissance quasi juridique du dieu envers celui qui a construit pour lui un sanctuaire d’éternité-nHH, et qui se voit confirmé à conduire les vivants pour l’éternité-D.t (F. Servajean, Djet et neheh. Une histoire du temps égyptien, OrMonsp 18, Montpellier, 2007).

Dans son discours, Amon-Rê évoque la huitième campagne de l’an 33 (DA.n=k mw pXr-wr nhrn, après avoir traversé l’Euphrate au Naharina, lignes 7/8), comme la stèle du Gébel Barkal (Urk. IV, 1232, lignes 12/15). Les deux stèles se répondent presque mot pour mot : mj wD=j n=k tA m Aw=f wsx=f , dans la mesure où je t’ai octroyé la terre dans sa longueur et sa largeur (Poétique) // dj.n=f n=j tA m Aw=f wsx=f , il m’a donné la terre dans sa longueur et sa largeur (Gebel Barkal).

Le texte hiéroglyphique

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1 Hiéroglyphes

La traduction commentée

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2 Stèle poétique

La structure du texte

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3 Structure

Le distique ennéamétrique

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4 Distique

Dessin (d’après Mariette, Karnak, pl. XI)

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Dessin

Photo Musée du Caire :

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Caire 34010

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