Le bol de Hou
samedi 15 janvier 2011 par Henri Doranlo
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Lettre aux morts : le bol de Hou
Certains bols, comme celui du Louvre E 6134 (lettre de la dame Merti à son fils défunt), dont le texte écrit s’enroule en spirale, ont déjà un caractère magique par le jeu dynamique du cercle. Plus souvent, comme celui provenant de Hou (à mi-chemin entre Abydos et Karnak par voie de terre), le texte se présente comme une lettre ordinaire, détachant le destinataire en gros caractère, tel un papyrus plié pour être expédié. Les lettres aux morts sont porteuses de plaintes, pour préjudice moral, physique, ou financier. Les destinataires sont des défunts de la famille, possédant une tombe et donc considérés comme des esprits-akh ayant un pouvoir sur les morts et les mortes du commun et les damnés perçus comme des esprits-fantômes potentiellement nuisibles, les mwt.w. Passé la Première Période Intermédiaire et le début du Moyen Empire, la pratique s’estompe. Les vivants s’adressent directement à la statue d’un aïeul, dotée de larges oreilles pour prêter une écoute attentive. Les défunts sont des intermédiaires de proximité entre l’au-delà et ici-bas, mais la comparaison avec des "saints-patrons" intercesseurs (malgré l’avis de S. Donnat, pdf joint) convient mieux aux stèles des Akh-jkr-n-ra à la XVIIIe dynastie, "Esprits-excellents-de-Rê" très majoritairement issus de Deir el-Médineh.
Traduction
Transcription hiéroglyphique
Photo : http://www.ucl.ac.uk/museums/petrie voir http://www.digitalegypt.ucl.ac.uk/hu/letterdead.html
Fac-similé : A. H. Gardiner, K. Sethe, Egyptian Letters to the Dead, London, 1928, pl. IV et V.
Sylvie Donnat, Contacts with de the Dead in Pharaonic Egypt, Ritual relationships and dead classification
(Marc Bloch University, Strasbourg)
Max Guilmot, Les lettres aux morts dans l’Egypte Ancienne
(Revue de l’histoire des religions, tome 170 n°1, 1966. pp. 1-27)





